Musée du Cloître

Musée municipal d'Art et d'Histoire du Pays de Tulle
Site de l'Abbaye Saint-Martin et Saint-Michel

Créé à Tulle dès 1819 en tant que musée départemental, le musée de Tulle, sous cette appellation, est fondé officiellement en 1893 par Emile Fage, président de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze. Situé au cœur de la cité médiévale depuis 1904, le musée devenu municipal abrite des collections variées reflétant la vie, les passions, les découvertes et l'histoire des Tullois et de leur région, le Bas-Limousin. Il présente ainsi des témoignages d'archéologie, d’art et d’ethnohistoire, de techniques, des docu-ments et objets de tous ordres y compris exotiques, reflets des loin-taines expéditions des corréziens, souvent aussi inattendus qu'at-tractifs. Appelé depuis mars 2005 "musée du Cloître de Tulle André Mazeyrie", il occupe une partie des bâtiments de l’antique ab-baye Saint Martin & Saint Michel. Sa fondation légendaire re-monte au IVe siècle, attribuée à saint Martin de Tours lui-même qui invoqua sur elle le puissant patronage de l'archange Michel. Sa fondation véritablement historique remonte à saint Calmine de Laguenne, aux VIe– VIIe siècles Abbés prestigieux – Odon de Cluny, Constantin de Fleury, Bernard de Ventadour entre autres, des papes, des rois, princes et seigneurs, des foules de pèlerins et de fidè-les, la rejoignirent et la fréquentèrent. Possédant le prestigieux sanctuaire de Rocamadour, l'abbaye de Tulle eu des possessions jusqu'en Espagne et participe à la Route des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
(Monument Historique depuis 1862 – propriété de l'Etat au même titre de l'abbatiale cathédrale Notre-Dame qui lui est inhérente et contiguë).
 
L'entrée du musée : appelée à des modifications profondes en fonction de la mise en place progressive du projet scientifique et culturel déposé en 2005, cette très belle salle voûtée, ancienne buanderie, est appelée à une fonction ennoblie de véritable accueil et boutique du musée.
 
Le cloître du XIIIe siècle, quoique mutilé en ses galeries nord et sud, est remarquable par la pureté des arcades gothiques de style Plantagenêt qui s’inscrivent dans un parti ogival très pur, chaque travée ternaire s'ouvrant sur le jardin par une arcade géminée surmontée d'une mandorle, le tout formant dans son schème le symbole d'un lys, hommage de cette abbaye bénédictine masculine à la reine du ciel, la Vierge Marie, en même temps qu'au mystère de l'Incarnation. La galerie de l'orient est consacrée à un thème eucharistique rarissime : des anges prêtres aux clefs de voûtes. y célèbrent l'offertoire et la consécration au cours de la sainte Messe en écho au service liturgique de l'abbatiale contiguë.
 
 
 
La salle capitulaire qui en est l'aboutissement, est exception-nelle par l’équilibre de son architecture, son acoustique et l’harmonie de ses peintures murales, rares car associées à des bas-reliefs sculptés jadis recouverts d'or, enchâssant les fonds de lapis-lazuli, les tons chatoyants, les incrustations de pierres semi-précieuses. Ces peintures (techniques mixtes a fresco et al secco) datent de la première moitié du XIVe siècle. Celles des tiers-points des voûtains ont été restaurées au XVIIIe siècle. Dans le jardin du cloître, lui-même entité muséale vivante, et transformé en musée lapidaire, figurent en particulier la statue du "gisant de l’Abbé Bernard de Ventadour" – XIIIe siècle - qui dirigea la puissante abbaye à l’époque de sa reconstruction gothique, la "Vierge aux moinillons", groupe en granite caractéristique de la verve expressive de la sculpture limousine du XIVe siècle, et l’évocation d'un siècle prestigieux trop oublié, le XIVe, véritable trecento français, par les trois papes limousins en Avignon : Clément VI, Innocent VI et Grégoire XI, sous la forme de gisants en cénotaphes.
 
 
Le jardin médiéval, l'un des joyaux du site,– créé par le conservateur en 2000, recomposé et densifié en 2005 - est enchâssé dans cette enceinte sacrée, présentant une évocation de plantes prisées au Moyen-âge, tant médicinales – les simples – qu'ornementales, potagères, fruitières et tinctoriales : il témoigne de la notion paradisiaque du jardin à l'image de la création originelle dans le microcosme que symbolise le cloître, figure symbolique du monde ordonné, lié à tout l'univers par la pierre, la terre, la lumière (le feu), le bois et l'eau, au centre duquel s'introduit le cosmos céleste plongeant dans les eaux des profondeurs par le truchement du puits central. Une fontaine, ou vasque du griffon, y figure mystérieusement, répondant en écho à celle du jardin du Palais des Papes en Avignon.
Le musée se développe également à l'ouest, dans les anciens communs de l'abbaye, sur trois niveaux.
 
Le rez-de-jardin est réservé à la présentation d’expositions temporaires et aux animations culturelles. Les collections per-manentes sont disposées sur trois niveaux. Les étages sont desservis par un bel escalier médiéval, hélicoïdal en pierre où sont exposées des aquarelles de paysages et villes corréziennes de Victor Schaefer (1908 – 2002).
 
Une première salle en entresol est réservée à l’œuvre de Gaston Vuillier (1845-1915).
Cet humaniste fut charmé par les paysages corréziens et décida de s’installer à Gimel les Cascades, pittoresque village aux décors abrupts de montagnes et cascades, parmi les plus belles de France, un peu au nord de Tulle, vers 1892. Excellent dessinateur, doué d’indubitables qualités d’ethnologue, il consacra la fin de son existence à exalter dans de délicates aquarelles la beauté sauvage des corréziens et croqua avec une justesse admirable le monde paysan, ses coutumes religieuses, ses croyances et pratiques de sorcellerie.

L'enclavement du Loup
dessin aquarellé de Gastion Vuillier
fin XIXe siècle - début XXe siècle
Il mena un combat écologique qui lui permit d’obtenir en 1912 le classement des cascades de Gimel comme site naturel protégé, le premier en France. Le musée de Tulle conserve une collection de belle qualité plastique, unique par son iconographie.
Premier étage : le Pays Tullois
Deuxième étage : objets d'artisanat d'art, d'ornement et de culte